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La Basse-Meuse et en particulier la Montagne Saint-Pierre et le Thier de Lanaye, est une zone d'un intérêt malacologique exceptionnel.

Ci-après, vous trouverez plein d'informations sur nos mollusques !

Domaine naturaliste bien moins connu que ne le sont l'ornithologie, la botanique ou même l'herpétologie, la malacologie est la science qui étudie les mollusques, donc notamment les gastéropodes et les bivalves.
La Basse Meuse, et en particulier la Montagne St Pierre et le Thier de Caster, est une zone d'un intérêt malacologique exceptionnel. C'est incontestablement l'une des régions de Wallonie les plus riches du point de vue de la malacofaune. On y trouve de nombreuses espèces de mollusques terrestres (de l'ordre d'au moins 25 espèces d'escargots et 10 espèces de limaces).
Les paysages variés (sentiers en clairières, zones boisées humides, zones semi-boisées ensoleillées, zones ouvertes, zones cultivées) peuvent expliquer ce constat. En fait, il est possible d'y rencontrer des escargots caractéristiques de presque tous les biotopes de Wallonie !
A ce titre, c'est un endroit privilégié pour découvrir ce monde méconnu des mollusques, en particulier des gastéropodes, et pour dépasser la simple connaissance des escargots de Bourgogne, escargot jaune des jardins et limaces mangeuses de salades. Mais au fait, de quels animaux parle-t-on plus précisément ?

Les limaces et leurs cousins les escargots sont des mollusques (comme les coquillages et les poulpes, par exemple). Cet embranchement est le plus riche en espèces vivantes (plus de 130 000 !), juste après celui des arthropodes (insectes et crustacés - on compte au moins un million d'espèces).
Les mollusques (du latin "mollusca", qui signifie "corps mou") sont des animaux à corps mou possédant une coquille ou non, avec généralement trois parties anatomiques bien distinctes à savoir une tête ou masse céphalique, un pied et une masse viscérale.
Plus précisément, les limaces et les escargots sont des gastéropodes (comme les lymnées, les bulots, les bigorneaux, etc) : ils sont caractérisés par une tête munie de tentacules, un pied musculeux et éventuellement une coquille qui, quand elle existe, est souvent enroulée en forme de colimaçon, mais peut être de forme très variable (conique, ovale, en forme de chapeau chinois, etc).
Ils possèdent un système digestif, sanguin, respiratoire (poumon ou branchie selon le cas) et nerveux (réseaux de ganglions). Les gastéropodes sont présents dans pratiquement tous les biotopes marins, dulcicoles et terrestres et sous toutes les latitudes.

Le corps des escargots est composé de trois parties plus ou moins distinctes : le pied, la tête et le sac viscéral. Le sac viscéral qui contient les organes internes est souvent enroulé en spirale et bien séparé du pied.
La tête est bien visible et porte la bouche ainsi qu’une ou deux paires de tentacules. Les tentacules situés vers l’avant s’appellent les tentacules inférieurs ou antérieurs, alors que ceux situés à l’arrière de la tête se nomment les tentacules supérieurs ou postérieurs. Chez certains gastéropodes primitifs (comme les Vertigos), la tête ne possède que les tentacules supérieurs. C’est sur ces tentacules que se trouvent les yeux. Ils sont peu développés et ne permettent en général à l’animal qu'à distinguer des variations de lumière et des ombres. Un peu plus loin, sur le côté, en arrière des tentacules, se situe l’orifice génital. Celui-ci se trouvera du côté droit pour les espèces dextres et à gauche pour les espèces senestres. Enfin, on peut encore observer l'orifice respiratoire, le pneumostome (beaucoup plus apparent chez les limaces).
Le pied (avec sa partie ventrale appelée sole) sert aux déplacements de l’animal. Il est constitué de muscles qui permettent à l’animal de se déplacer par reptation grâce à des mouvements de vagues. Lors du mouvement, le pied de l’escargot (et des limaces aussi d'ailleurs) est lubrifié par le mucus. Ce mucus permet aussi à l'animal de garder son corps humide en permanence.

La majorité des mollusques terrestres sont herbivores, c’est-à-dire qu’ils se nourrissent de végétaux. Ils consomment aussi bien des plantes vertes (feuilles, fleurs, graines ou racines) que des algues, des champignons ou des lichens. La plupart des espèces herbivores n’ont pas,
L'Héllice des Buryères - Helicella itala
en fait, un régime alimentaire bien spécifique : elles s’adaptent au milieu et aux plantes de leur environnement. Certains herbivores ayant la capacité de digérer la cellulose, il arrive de voir ces espèces se nourrir de cartons humides ou de papier. Bien que la majorité des mollusques terrestres soient herbivores, certains d’entre eux se nourrissent de charognes, mais peu sont réellement carnivores.

On trouve en région wallonne et bruxelloise approximativement 80 espèces d'escargots, aux couleurs, tailles et formes très variées.
Les milieux "verts" se révèlent en fait bien plus riches en mollusques que ne pourrait le croire la naturaliste : la "malacofaune" ne se limite pas aux familiers escargots jaunes à bandes foncées, à l'escargot de Bourgogne et à la grosse limace noire ou rouge. En fait, en inspectant les troncs ou les morceaux de bois mort, les dessous des pierres couvertes de mousse, les beaux rochers escarpés ou encore les amas de feuilles et autres débris végétaux (les "litières"), on peut découvrir des espèces très diverses d'"escargots" : les "pointus" comme les Clausilies, les "microbes" comme les Vertigos, les "brillants" comme les Zonites, les "poilus" comme les Trichias ou les Helicodontas, etc.
Passons en revue quelques exemples particulièrement intéressants.

Le Moine des bois (Monachoides incarnatus (Müller, 1774)) est un hôte fréquent des zones boisées. On le trouve de préférence sur les branches morte et les écorces humides qui jonchent le sol. On le reconnaît facilement par sa coquille qui est brun rougeâtre avec une zone blanche à la périphérie et qui possède un ombilic étroit recouvert partiellement par le bord de l'ouverture. Il pond en été, comme beaucoup d'escargots.
Les Clausilies sont probablement les escargots les plus surprenants pour ceux qui découvrent les mollusques : ils ont une coquille étroite et élancée (les enfants parlent d'"escargots pointus") et ont toujours une ouverture à gauche et garnie de plis ou de lamelles (alors que les escargots "classiques" ont une ouverture arrondie sans autre garniture). On ne dénombre pas moins de 6 espèces différentes au Thier de Caster : la Clausilie naine, la Clausilie noirâtre, Clausilie de Rolph, la Clausilie à deux plis et la Clausilie lisse. Ces espèces se distinguent par divers caractères, comme une coquille lisse ou avec des plis plus ou moins épais et/ou espacés, la présence ou l'absence de certaines lamelles dans l'ouverture ou encore d'une encoche à la base. On les trouve sur les troncs d'arbre d'une encoche à la base. On les trouve sur les troncs d'arbre et sur les branches morte et les écorces humides qui jonchent le sol des bois et forêts.  L'Hélice veloutée (Trochulus hispidus (Linnaeus, 1758)) est un peut escargot aplati qui affectionne la végétation humide dans les bois humides et chauds, en particulier les orties. Mais sa principale caractéristique est de posséder une coquille poilue ! En fait, une coquille d'escargot n'est un morceau de calcaire inerte, mais un mélange de particules de calcaire et de substance organique, cette dernière expliquant la présence de ces poils inattendus. L'animal gris noirâtre pond du printemps jusqu'en automne et est adulte à la fin de la 1ère année. Petit détail : les poils tombent rapidement quand l'animal meurt et les coquilles vides sont quasiment lisses.
L'Hélice veloutée (Trochulus hispidus (Linnaeus, 1758)) est un peut escargot aplati qui affectionne la végétation humide dans les bois humides et chauds, en particulier les orties. Mais sa principale caractéristique est de posséder une coquille poilue ! En fait, une coquille d'escargot n'est un morceau de calcaire inerte, mais un mélange de particules de calcaire et de substance organique, cette dernière expliquant la présence de ces poils inattendus. L'animal gris noirâtre pond du printemps jusqu'en automne et est adulte à la fin de la 1ère année. Petit détail : les poils tombent rapidement quand l'animal meurt et les coquilles vides sont quasiment lisses.
L'Hélice veloutéeL'Hélice veloutée (Trochulus hispidus (Linnaeus, 1758)) est un peut escargot aplati qui affectionne la végétation humide dans les bois humides et chauds, en particulier les orties. Mais sa principale caractéristique est de posséder une coquille poilue ! En fait, une coquille d'escargot n'est un morceau de calcaire inerte, mais un mélange de particules de calcaire et de substance organique, cette dernière expliquant la présence de ces poils inattendus. L'animal gris noirâtre pond du printemps jusqu'en automne et est adulte à la fin de la 1ère année. Petit détail : les poils tombent rapidement quand l'animal meurt et les coquilles vides sont quasiment lisses.

Le naturaliste ou le simple promeneur qui fait une incursion dans le monde des mollusques terrestres est inévitablement plus attiré par les escargots, avec leur coquille aux formes parfois curieuses et aux couleurs parfois chatoyantes, que par les limaces qu'il ignore le plus souvent. Ce dédain va parfois jusqu'au dégoût ou à l'attitude belliqueuse, sans doute en hommage aux nombreuses salades du jardin qui ont succombé aux attaques des gourmandes…
Si la tête d'une limace ne diffère guère de celle d'un escargot, il existe cependant aussi des différences notables. En effet, comme la coquille est absente (ou du moins très réduite), un sac viscéral contenant les organes internes n'a pas pu se développer et ceux-ci se retrouvent contenus dans le pied. De plus, il n'y a pas de phénomène de torsion. Par contre, les limaces sont capables de se contracter comme les autres gastéropodes qui possèdent une coquille (devant une telle position contractée, il devient alors évidemment difficile de déterminer l'espèce).
Tout comme celui des gastéropodes à coquille, le pied des limaces sécrète du mucus facilitant le déplacement (il est souvent plus épais et plus abondant que chez les escargots). Le reste du corps produit également du mucus, qui permet à l'animal de garder son corps humide en permanence. Les deux types de mucus peuvent être de couleurs différentes.
L'orifice respiratoire, le pneumostome, est bien visible sur le côté droit ; il s’ouvre régulièrement pour permettre le renouvellement de l’air.
Le manteau s'est transformé en un repli de peau appelé bouclier situé dans la partie antérieure du dos. On le distingue facilement du reste du corps, au-dessus du pneumostome. C'est sous ce manteau que l'on trouve les restes de la coquille : il s'agit soit d'une plaque (la limacelle) chez les Limacidae (elle est asymétrique) et les Milacidae (elle est symétrique), soit de grains calcaires chez les Arionidae.
Le reste du corps porte des tubercules plus ou moins proéminents ou au contraire assez aplatis. Ils peuvent être séparés par des sillons plus ou moins apparents. L'ensemble du corps peut être coloré uniformément ou porter des taches ou des bandes.
Le dos proprement dit, entre la queue et le bouclier, peut être arrondi ou au contraire porter une crête en son milieu : on parle alors de crête médio-dorsale (ou encore de carène).
Si pour la majorité d’entre nous, les limaces ne mangent que nos légumes, résultat de notre dur labeur au jardin, la réalité est toute autre. En effet, la plupart des espèces sont omnivores et ont une alimentation très variée, comme des plantes, des fruits, du lichen, des graines, des champignons même vénéneux, mais aussi divers tubercules comme des pommes
de terre, carottes, navets, qu’elles mangent lorsqu’elles se sont enfoncées dans le sol pour se protéger de la chaleur, et enfin de la viande. Certaines espèces peuvent être occasionnellement carnivores et il est parfois possible d’observer des limaces comme Arion rufus occupées à manger d’autres congénères morts récemment ou des déchets de viande abandonnés. D’autres limaces (genre Limax) se nourrissent beaucoup de champignons et de toutes sortes de produits alimentaires à l’exception de plantes vertes.

On trouve en région wallonne et bruxelloise plus de 20 espèces de limaces, aux couleurs et tailles très variées. On peut facilement distinguer deux groupes :

  • si le pneumostome est devant le milieu du bouclier quand on regarde la limace avec le tête à droite (donc selon son profil droit), on a affaire à un Arionidae, groupe homogène qui apprécie beaucoup les potagers;
  • si le pneumostome est derrière le milieu du bouclier, on a affaire à un représentant des Limacidae ou des Milacidae, groupes dont les membres s'intéressent souvent plutôt aux détritus, charognes et champignons avancés, bref tout ce qui approche un état de décomposition (mais il y a quand même quelques exceptions qui fréquentent les jardins).

Découvrez les escargots et les limaces présents en Basse-Meuse !

Ils ont une coquille pour se protéger.

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Elles n'ont pas une coquille pour se réfugier.

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